6e cycle IPAF–FIDA (2022–2026)
ORGANISATION
Union des communautés autochtones de la zone nord de l'isthme (UCIZONI - Unión de Comunidades Indígenas de la Zona Norte del Istmo A.C.)
BÉNÉFICIAIRES DIRECTS
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BÉNÉFICIAIRES INDIRECTS
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Le projet vise à renforcer l'approvisionnement et l'autoproduction alimentaire dans les localités autochtones de l'isthme d'Oaxaca, grâce à la préservation, à la sélection, à la diversification et à la reproduction de variétés et d'espèces de plantes comestibles et de cultures alimentaires mieux adaptées au changement climatique. On prévoit l'organisation d'ateliers participatifs et de formations, la mise en place de potagers communautaires dans 14 communautés autochtones et l'élaboration de recettes de plats traditionnels à base d'herbes et de plantes sauvages.

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Retour à la milpa : alimentation et savoirs ancestraux
PHOTOGRAPHIESDaphne Pineda, Karen Santiago
TEXTEAndrea Fajardo
Isthme de Tehuantepec, Oaxaca, Mexique

« Avant, nous travaillions la terre et les récoltes étaient abondantes. Des récoltes sans produits chimiques », raconte un homme d’une soixantaine d’années lors d’un atelier sur les engrais verts, dans le nord de l’isthme de Tehuantepec, à Oaxaca, au Mexique. Il parle lentement, comme s’il cherchait à raviver le souvenir de pratiques en voie de disparition. Autour de lui, des élèves du secondaire et des paysans l’écoutent. 

Cette scène est relatée par Eugenio Ángel Molina, l’un des agents de terrain de l’UCIZONI (l’Union des communautés autochtones de la zone de l’isthme). Cette Union dispose du soutien du Forum international des femmes autochtones (FIMI) et de financements du Fonds international de développement agricole (FIDA), via son Fonds de soutien aux peuples autochtones (IPAF). L’UCIZONI a lancé un projet de conservation visant un objectif en apparence simple : recommencer à manger comme autrefois. Il s’agit notamment de réintroduire des plantes autrefois présentes dans les milpas (système agricole traditionnel associant maïs, haricots et courges) et de remettre en pratique des méthodes culturales ancestrales sans recours aux produits chimiques.

Cependant, la réintroduction de ces pratiques s’avère complexe dans une région soumise depuis plusieurs décennies à des pressions multiples, allant au-delà de l’usage des produits agrochimiques. L’isthme de Tehuantepec constitue, en effet, une zone géostratégique, située entre le golfe du Mexique et l’océan Pacifique, ce qui a historiquement généré des conflits liés à la terre et aux ressources. Aujourd’hui, des projets tels que le Corridor interocéanique de l’isthme de Tehuantepec visent à transformer ce territoire en pôle logistique et industriel, intégrant ports, infrastructures ferroviaires et parcs industriels.

La région oaxaquénienne de l’isthme abrite une importante population autochtone composée de Huaves, Mixes, Zapotèques, Zoques, Mixtèques et Chontales. Des villes comme Matías Romero, Juchitán ou Tehuantepec cohabitent avec des communautés dispersées, caractérisées par un accès limité aux services de base. Selon le rapport d’Amnesty International intitulé Résistance communautaire dans l’isthme de Tehuantepec (Resistencia comunitaria en el Istmo de Tehuantepec de Amnistía Internacional), l’installation de plus de 2 000 éoliennes en zone agricole dans la région a eu des impacts sur la vie communautaire. On a en effet noté des transformations économiques, des effets environnementaux, une hausse du coût des services et une modification des modes de vie traditionnels.

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(2) Coriandre sauvage. (3 a-b-c-d) La transition alimentaire vise à réduire l’incidence des maladies chroniques grâce à l’utilisation de produits locaux tels que le quintonil, le nopal et la noix de coco. (4) Les femmes autochtones des communautés de l’isthme assurent le travail quotidien des potagers, en organisant la plantation et la récolte des plantes comestibles. (5 a-b-c-d) Culture agroécologique de piments et de légumes. (6) La production de plants en pots et en pépinières facilite le reboisement et la restauration de la biodiversité régionale.

L’UCIZONI travaille actuellement avec dix communautés autochtones de l’isthme : les communautés mixes, mixtèques et zapotèques. Cinq d’entre elles sont composées de paysans et cinq autres d’élèves du secondaire. Tous les deux mois, des représentants d’environ soixante communautés se réunissent pour échanger sur les problématiques et les propositions concernant le territoire. C’est dans ce cadre qu’une inquiétude a émergé : l’alimentation a changé, et pas en mieux.

Les organisations autochtones de l’Isthme jouent un rôle central dans la défense du territoire face aux projets d’infrastructure, d’énergie et de développement industriel.

« Avec tout ce qui se passe, le fait que nous consommions désormais des aliments ou des produits provenant d’autres régions, d’autres États, les communautés se sont dit : “Pourquoi ne pas valoriser nos plantes comestibles, comme le chipil, la verdolaga, le quintonil, les différents types de quelite ou de bejuco ?” », commente Rubicela Toribio, coordinatrice de programmes à l’UCIZONI.

Selon Rubicela, ces plantes n’ont pas disparu par hasard. L’usage généralisé des produits agrochimiques a transformé la milpa en monoculture. Ce qui était autrefois un système diversifié associant maïs, haricots, piments et plantes comestibles est devenu un espace homogène dépendant des engrais et herbicides.

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(7 a-b-c) La mémoire orale des aînés est devenue un outil de défense face aux mégaprojets industriels et à la crise climatique. (8 a-b-c-d) Face à l’abandon des cliniques rurales, les communautés autochtones ont identifié dans l’alimentation traditionnelle une forme de médecine préventive.

Le projet de l’UCIZONI a consisté à installer des potagers de 20 mètres sur 20, à former la population aux pratiques agroécologiques, à préserver des semences et à recenser les recettes traditionnelles du territoire. Sa mise en œuvre s’est heurtée à des résistances, tant techniques, que sociales.

« C’est comme revenir quelques années en arrière, à la manière dont nos ancêtres travaillaient la terre et se nourrissaient. »

L’un des premiers défis a été les attentes de retombées économiques formulées par les communautés. « Ils pensaient qu’on allait leur donner une aide financière », explique Rubicela. De nombreux habitants associaient en effet ce dispositif à des programmes gouvernementaux tels que Sembrando Vida, dans le cadre desquels les producteurs reçoivent des paiements mensuels pour travailler sur des projets agroforestiers.

À l’inverse, le projet porté par l’organisation s’est articulé autour de la fourniture de matériel (citernes, filets d’ombrage, systèmes d’irrigation), permettant aux habitants de mettre en place eux-mêmes leurs potagers. Cette approche a contribué à renforcer la participation communautaire, passant d’une logique de revenu immédiat à une logique de bénéfice à moyen terme. « Désormais, les habitants s’encouragent mutuellement », indique Rubicela. « Ils se rendent compte qu’il ne s’agit pas de travailler pour quelqu’un d’autre, mais pour leur propre bénéfice. »

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(9) La participation des jeunes assure la survie des cultures et la transmission des pratiques agroécologiques. (10 a-b-c-d) Le chipil et le quintonil sont des plantes indigènes à forte valeur nutritionnelle qui poussent dans la milpa. (11) Potager de 20 mètres sur 20 équipé de réservoirs d’eau et d’un filet d’ombrage permettant d’adapter la production à la chaleur extrême. (12 a-b-c-d) Racines de manioc et oignons verts locaux cultivés sans produits chimiques. (13) Des étudiants préparent le substrat dans des bacs de semis.

Par ailleurs, Eugenio souligne que les communautés avaient intégré l’usage des produits agrochimiques comme moyen de réduire le temps de travail. Le projet vise ainsi à réactiver les techniques agroécologiques et à ouvrir un espace de réflexion collective sur ces pratiques, et l’usage de produits chimiques. Des ateliers sur le changement climatique, la pollution et la santé ont été mis en place, autour de questions simples : pourquoi ne pleut-il plus comme avant ? D’où vient la sécheresse ? Qu’advient-il des sols ?

Dans chaque communauté, les aînés témoignent des pratiques agricoles sans intrants chimiques, et leur participation aux ateliers s’avère déterminante. L’exemple d’un producteur évoquant le « coton vert » (légumineuse utilisée comme engrais naturel) est fréquemment cité par l’UCIZONI. En effet, cet homme a contribué à développer et renforcer la confiance des habitants dans le processus de restauration qui les attendait. Ce type d’intervention, selon Eugenio, favorise une compréhension partagée au sein des communautés.

L’une des principales inquiétudes initiales concernait la transmission des savoirs aux jeunes générations. Toutefois, la participation des jeunes s’est révélée significative, notamment grâce aux actions menées dans les établissements du secondaire auprès de groupes âgés de 12 à 15 ans. À cela s’ajoute la forte implication des femmes au sein des communautés : celles-ci organisent les rotations de travail dans les potagers et assurent les tâches quotidiennes.

Les potagers étant de petite taille, leur production est principalement destinée à l’autoconsommation. De nombreuses communautés commencent à les mettre en place, et des évolutions des pratiques agricoles, bien que modestes, sont déjà observables. Rubicela rapporte qu’au cours de ses visites, il lui a été servi des quelites accompagnées d’os de bœuf, des tamales aux quelites ou encore de l’herbe sainte avec du poulet. « Cela fait plaisir, car cela nous rappelle ce que l’on mangeait autrefois », dit-elle. Cette dynamique redéfinit progressivement le rapport à l’alimentation sur le territoire. Eugenio ajoute : « C’est comme revenir quelques années en arrière, à la manière dont nos ancêtres travaillaient et se nourrissaient. »

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(14 a-b-c-d) Récolte de noix de coco jaunes et de maïs indigènes. (15) Récolte de piments habaneros cultivés selon des méthodes biologiques. (16) Récolte de ciboulette. (17) Des producteurs locaux récoltent des plantes indigènes dans une parcelle diversifiée. Le système de polyculture réduit naturellement les ravageurs et optimise l’espace.

Pour la majorité des communautés accompagnées par l’UCIZONI, l’alimentation est devenue une question de santé publique. Si le projet ne permet pas de répondre à l’ensemble des carences, il vise à y répondre autant que possible. En clôture du projet, Rubicela précise qu’un livre de recettes sur les plantes sauvages comestibles sera élaboré, sans que cela marque la fin de l’initiative. L’organisation prévoit de reproduire l’expérience au sein d’autres communautés et établissements scolaires, voire auprès de niveaux éducatifs plus précoces.

Dans l’Isthme de Tehuantepec coexistent diverses communautés Ayuujk jä’äy (Mixe), Binni záa (Zapotèque de l’Isthme) et Ñuu savi (Mixtèque), entre autres peuples autochtones dotés d’une longue tradition agricole.

L’équipe de l’UCIZONI souligne que son approche se distingue des projets à intervention temporaire, financés pour une durée limitée puis qui se retirent à leur terme. Ici, l’objectif est de garantir que ce qui est semé dans la terre et dans la mémoire puisse perdurer dans le temps, de manière autonome. « Ce changement ne se fera pas du jour au lendemain, mais il est tout à fait réalisable », affirme Eugenio.

Lors des ateliers, lorsque les aînés racontent les pratiques agricoles d’autrefois, ce changement cesse d’être une simple abstraction. Il devient, l’espace d’un instant, une réalité tangible, porteuse de mémoire et susceptible de renaître grâce à un travail collectif structuré.

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(18) L'entretien de la milpa et la protection des variétés locales de maïs constituent une forme de résistance culturelle face à l'introduction des semences transgéniques et à la perte de biodiversité.

Baleu, Guaxpom La Calera, Mocohán / Alta Verapaz, Baja Verapaz / Guatemala
Las comunidades Maya Q’eqchi’ y Maya Poqomchi’ se encuentran en los municipios de San Cristóbal Verapaz y Tucurú, en el Departamento de Alta Verapaz, y el municipio de Purulhá en Baja Verapaz, ubicados en la Región Norte de Guatemala. El territorio es atravesado por la Sierra Madre y el entorno es predominantemente subtropical y montañoso. Las temperaturas oscilan entre los 16 - 22 °C.
ORGANIZACIÓN
Unión Verapacense de Organizaciones Campesinas (UVOC), Asociación Mujeres Mayas Comprometida con el Desarrollo de las Comunidades Indígenas y Campesinas (IXOQ MAYAJ)
PARTICIPANTES DIRECTOS
180
PARTICIPANTES inDIRECTOS
300

Priorizar los conocimientos ancestrales de las comunidades para la defensa y recuperación cosmogónica del territorio Maya Q’eqchi’ y Maya Poqomchi’. Realización del primer intercambio de experiencias a nivel ancestral y cosmogónico, con la participación de Autoridades del área Sur, Occidente, Altiplano y Norte de Guatemala. Construcción de huertas, viveros y parcelas demostrativas por parte del equipo técnico y de los participantes con el objetivo de mejorar la nutrición y consolidar la seguridad alimentaria de la región.

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