« Avant, nous travaillions la terre et les récoltes étaient abondantes. Des récoltes sans produits chimiques », raconte un homme d’une soixantaine d’années lors d’un atelier sur les engrais verts, dans le nord de l’isthme de Tehuantepec, à Oaxaca, au Mexique. Il parle lentement, comme s’il cherchait à raviver le souvenir de pratiques en voie de disparition. Autour de lui, des élèves du secondaire et des paysans l’écoutent.
Cette scène est relatée par Eugenio Ángel Molina, l’un des agents de terrain de l’UCIZONI (l’Union des communautés autochtones de la zone de l’isthme). Cette Union dispose du soutien du Forum international des femmes autochtones (FIMI) et de financements du Fonds international de développement agricole (FIDA), via son Fonds de soutien aux peuples autochtones (IPAF). L’UCIZONI a lancé un projet de conservation visant un objectif en apparence simple : recommencer à manger comme autrefois. Il s’agit notamment de réintroduire des plantes autrefois présentes dans les milpas (système agricole traditionnel associant maïs, haricots et courges) et de remettre en pratique des méthodes culturales ancestrales sans recours aux produits chimiques.


