6e cycle IPAF–FIDA (2022–2026)
ORGANISATION
Fondation pour la promotion des savoirs autochtones (FPCI - Fundación para la Promoción del Conocimiento Indígena)
BÉNÉFICIAIRES DIRECTS
150
BÉNÉFICIAIRES INDIRECTS
600

L'objectif de cette proposition est de renforcer les systèmes agricoles durables des communautés autochtones afin qu'elles puissent s'adapter au changement climatique et faire face à des situations d'urgence, telles que la pandémie de la COVID-19 ; et ainsi améliorer l'approvisionnement alimentaire des communautés Usdub et Dad Nague Dubir du peuple Guna au Panama. Le projet vise notamment à développer les compétences des communautés autochtones et à promouvoir l'échange de connaissances entre ces-dernières au sein de chaque pays afin de partager les pratiques efficaces et les enseignements tirés. Ces enseignements pourront ainsi être mis en œuvre localement pour accroître la résilience et la sécurité alimentaire.

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L’agriculture face à la crise climatique
‍PHOTOGRAPHIESTarina Rodriguez
TEXTEAndrea Fajardo
Côte caraïbe du Darién, Panama

« Les forêts sont mon supermarché, ma pharmacie et mon congélateur. » C’est ainsi qu’Onel Masardule, leader autochtone Guna du territoire de Guna Yala, au Panama, décrit la relation ancestrale de son peuple avec la nature. Cette citation résume un mode de vie encore bien présent dans cette région, où le lien au territoire demeure concret et quotidien, et où la sécurité alimentaire dépend largement des ressources offertes par la forêt et la mer. 

Située sur la côte caraïbe, à l’est du Panama, cette région compte plus de 32 000 habitants, majoritairement issus du peuple autochtone Guna. La population se répartit entre îles, zones côtières et zones continentales. Le changement climatique y a profondément modifié des cycles essentiels à la vie : l’élévation du niveau de la mer, l’irrégularité des précipitations et l’intensification des phénomènes extrêmes transforment les conditions de production et d’habitabilité dans l’un des territoires les plus exposés aux impacts du changement climatique au Panama.

Le renforcement des systèmes alimentaires traditionnels du peuple Guna s’inscrit dans des initiatives locales portées par des communautés qui constatent une fragilisation progressive de l’équilibre historique de leur environnement. Onel Masardule, directeur de la Fondation pour la promotion des savoirs autochtones (FPCI), explique que près de 80 % de l’alimentation des Guna provient de la forêt et de la mer. Cette forte dépendance structurelle et ce mode d’organisation permettent la subsistance dans un contexte d’isolement relatif. 

Le système agricole Guna permet aux parcelles de se reposer afin de restaurer naturellement la fertilité des sols et de favoriser la régénération de la forêt.

Cependant, cette relation s’est fragilisée ces dernières années. La pandémie de COVID-19 en a constitué un révélateur majeur : la fermeture des voies d’accès entre la capitale et Guna Yala a mis en évidence les limites d’une dépendance partielle aux intrants extérieurs. Bien que personne ne soit mort de faim, comme le souligne Onel, cette période a montré la nécessité de renforcer les systèmes de production locaux afin de garantir l’autosuffisance en cas de crise.

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(2) Surveillance des sargasses à l’embouchure du fleuve menant aux parcelles agricoles de Digir. (3) Leida Mesa, responsable communautaire et chargée des activités agricoles, sur une parcelle en phase initiale de défrichage. (4) Un cocotier, espèce essentielle présente dans les boissons, les ragoûts et les préparations traditionnelles. (5) Le Comité de l’agriculture après avoir défriché un terrain destiné à la plantation. (6) Fleur de bananier. (7) Maraca fabriquée à partir d’une courge séchée et d’un os de cerf, décorée avec les couleurs et les symboles de la Révolution Dule, comme le towel kikir, la svástica ancestrale, qui pour le peuple Guna représente les quatre points cardinaux et la création du monde. (8) Leida Mesa.

Il indique également que, ces dernières années, des mois traditionnellement secs tels que janvier et février ont connu des épisodes de fortes pluies, retardant le démarrage du cycle agricole. Ces perturbations, combinées à l’élévation du niveau de la mer, affectent la production agricole et la stabilité territoriale. Dans ce contexte, les femmes ont initié des actions visant à assurer l’approvisionnement des familles en denrées de base. Ce projet, soutenu par le Forum international des femmes autochtones (FIMI) et financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA), à travers son Fonds de soutien aux peuples autochtones (IPAF), vise à restaurer les pratiques agricoles traditionnelles, renforcer les savoirs ancestraux et relancer la production communautaire à Guna Yala.

Le système agricole Guna est loin de répondre aux critères des modèles intensifs dominants dans l’industrie agroalimentaire. Il repose sur une logique de rotation des terres qui privilégie la régénération des sols et l’équilibre écologique. Après chaque récolte, les parcelles peuvent être mises en jachère pendant des périodes allant de vingt à quarante ans avant d’être à nouveau cultivées. Ce système permet la régénération naturelle des nutriments des sols sans recours aux engrais chimiques.

« Nous ne voulons pas nous isoler du monde, mais entretenir des relations avec l’extérieur sans perdre le contrôle de ce qui nous appartient. »

Cette pratique, toujours présente au sein de plusieurs communautés Guna, contribue à expliquer pourquoi les forêts de Guna Yala figurent parmi les mieux préservées d’Amérique latine. Dans ce système, la production est orientée vers l’autosuffisance plutôt que vers l’accumulation. Les familles produisent uniquement ce dont elles ont besoin et, lorsqu’il leur manque un aliment ou un remède, elles recourent à l’échange et à l’entraide au sein de la communauté.

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(9) Le drapeau de la Révolution Dule flotte sur les maisons, symbole d’identité et de résistance. (10) Un jeune Guna garde l’entrée de l’Onmaggednega, la maison communautaire. (11) Préparation collective de repas dans le cadre de la commémoration de la Révolution Guna. (12) Confection d’un chemisier traditionnel. (13) L’achiote est utilisé pour teindre en rouge les joues des femmes. Le piment apporte saveur et caractère aux préparations traditionnelles. (14) Des lentilles cuisent dans une grande marmite sur un feu de bois. (15) Une femme Guna devant son habitation, vêtue de son costume traditionnel. (16) Distribution de nourriture aux membres de la communauté.

Selon Onel, l’un des risques majeurs actuels est la perte progressive des semences autochtones. Celles-ci ont été remplacées en partie par des semences commerciales ou transgéniques qui ne peuvent pas être réutilisées d’un cycle de culture à l’autre. Il avertit que cette évolution menace non seulement la diversité agricole, mais aussi les savoirs associés : chaque semence étant liée à des pratiques spécifiques de semis, à la connaissance de l’environnement et à l’interprétation des cycles naturels.

En réponse, le projet de la FPCI, mis en œuvre dans les communautés d’Usdub et de Dad Nagwe Dubbir, a permis de réaliser des inventaires de semences et d’organiser des ateliers consacrés à leur préservation. Des études sur les systèmes de production autochtones ont également été menées et des fermes modèles ont été mises en place. Celles-ci cultivent notamment l’ananas, le manioc et la banane selon des pratiques traditionnelles. Par ailleurs, des cultures à potentiel économique, comme le cacao — y compris certaines variétés telles que le cacao blanc, très prisé sur les marchés internationaux — sont également développées, dans une logique de maintien du contrôle communautaire sur la production.

Dans la communauté de Digir, par exemple, le renforcement des capacités productives des femmes a favorisé leur participation aux instances de décision. A tel point que certaines sont passées de l’activité agricole à la représentation communautaire au niveau régional. Elles ont participé à des échanges d’expériences avec des femmes d’autres pays et à la valorisation de leurs savoirs au-delà du niveau local. L’intérêt des jeunes pour l’agriculture s’est également renforcé. Selon Onel, il s’agit d’un élément central pour la pérennité du système.

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(17) Répétition d’une danse traditionnelle. (18) Le son du coquillage utilisé comme instrument rassemble les habitants et annonce les réunions du Congrès Guna, les assemblées et les activités collectives. (19 a-b-c) Les maracas, appelées chichito, sont des instruments sacrés fabriqués à partir de matériaux naturels. (20) Des jeunes jouent de la flûte traditionnelle appelée kamu purrui, fabriquée à partir de roseaux naturels de différentes tailles. (21) Processus de fabrication des wini. (22) Une femme Guna ajuste à son bras les wini, des bracelets de perles fabriqués à la main à partir de perles de verre colorées. (23) La communauté de Digir se réunit à l’Onmaggednega pour commémorer la Révolution Guna de 1925. Lors de cette rencontre, le Saila partage l’histoire de la résistance.

Le projet se développe néanmoins dans un territoire marqué par de fortes tensions : l’exploitation minière illégale, le trafic de drogue et les effets des flux migratoires traversant le Tapón del Darién, qui ont atteint un niveau record en 2023 avec plus de 520 000 personnes et environ 2 500 tonnes de déchets abandonnés dans la forêt. À cela s’ajoute un différend de longue date avec l’État panaméen concernant certains projets d’infrastructure, notamment l’interconnexion électrique avec la Colombie. Les autorités Guna s’y opposent depuis plus de vingt ans, en s’appuyant sur l’autonomie du Congrès général Guna, l’autorité suprême du territoire.

Ce niveau d’autonomie a permis de limiter l’implantation de mégaprojets, sans pour autant résoudre certaines contraintes structurelles. Parmi elles figure le coût élevé du transport, qui limite la commercialisation des excédents agricoles et incite les communautés à privilégier l’autosuffisance.

Pour le peuple Guna, la défense des systèmes de production est indissociable de son identité collective, car la terre n’est pas seulement une ressource, mais le socle de la vie spirituelle, culturelle et sociale. Les chants, la médecine traditionnelle et les formes d’organisation sociale sont étroitement liés à la santé de la forêt et des ressources en eau. « Si la forêt disparaît, notre médecine disparaîtra aussi, et nos chants disparaîtront avec elle. », explique Onel. Cette affirmation résume une relation au territoire qui dépasse la seule dimension productive et conditionne la continuité du peuple Guna.

À mesure que le niveau de la mer s’élève et que certaines communautés sont contraintes de se déplacer, à l’image de celle de Gardi Sugdub, l’urgence de renforcer les systèmes de production traditionnels devient plus pressante. Le défi du peuple Guna est de préserver des pratiques qui, loin d’être des vestiges du passé, constituent des réponses toujours actuelles face à une crise globale.

Près de 80 % des aliments consommés par les communautés Guna proviennent traditionnellement de la forêt et de la mer.

Pour Onel, en tant que leader autochtone, l’avenir repose sur la capacité de chaque famille à produire sa propre nourriture, sur le maintien d’un lien actif des jeunes avec la terre — y compris lorsqu’ils quittent temporairement la communauté pour étudier — et sur la remise en circulation des semences autochtones dans l’ensemble des parcelles. « Nous ne voulons pas nous isoler du monde, mais entretenir des relations avec l’extérieur sans perdre le contrôle de ce qui nous appartient, de ce que nous avons de plus essentiel : notre lien à la terre. »

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(26) Alors que le niveau de la mer monte, le peuple Guna mène un processus historique de déplacement vers la terre ferme afin de préserver sa culture et son autonomie.

Baleu, Guaxpom La Calera, Mocohán / Alta Verapaz, Baja Verapaz / Guatemala
Las comunidades Maya Q’eqchi’ y Maya Poqomchi’ se encuentran en los municipios de San Cristóbal Verapaz y Tucurú, en el Departamento de Alta Verapaz, y el municipio de Purulhá en Baja Verapaz, ubicados en la Región Norte de Guatemala. El territorio es atravesado por la Sierra Madre y el entorno es predominantemente subtropical y montañoso. Las temperaturas oscilan entre los 16 - 22 °C.
ORGANIZACIÓN
Unión Verapacense de Organizaciones Campesinas (UVOC), Asociación Mujeres Mayas Comprometida con el Desarrollo de las Comunidades Indígenas y Campesinas (IXOQ MAYAJ)
PARTICIPANTES DIRECTOS
180
PARTICIPANTES inDIRECTOS
300

Priorizar los conocimientos ancestrales de las comunidades para la defensa y recuperación cosmogónica del territorio Maya Q’eqchi’ y Maya Poqomchi’. Realización del primer intercambio de experiencias a nivel ancestral y cosmogónico, con la participación de Autoridades del área Sur, Occidente, Altiplano y Norte de Guatemala. Construcción de huertas, viveros y parcelas demostrativas por parte del equipo técnico y de los participantes con el objetivo de mejorar la nutrición y consolidar la seguridad alimentaria de la región.

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